Votre SI, c'est un ERP vieillissant, 15 fichiers Excel critiques et des emails qui servent de workflow. Vous le savez. Mais par où commencer sans paralyser l'activité ? Méthode en 4 étapes, testée sur le terrain.
Donatien Lefranc
Fondateur & Président, Leando
Vous reconnaissez cette situation ? Votre ERP gère la comptabilité. Vos devis sont sur Excel. Le suivi des affaires passe par email. Les plannings vivent dans un Google Sheet que 3 personnes mettent à jour. Et chaque nouvelle affaire repart de zéro, parce que personne ne sait où est l'information.
C'est exactement ce qu'on a trouvé chez Hydroconsult, une PME de 50 personnes dans l'ingénierie offshore. Un ERP en place, des fichiers Excel partout, des emails comme outil de coordination. Le SI existait, mais chaque affaire repartait de zéro.
« Vous mettez le doigt sur exactement ce sur quoi on a du mal à avancer, à verbaliser, à formaliser depuis plusieurs mois. »
Ce n'est pas un problème de technologie. C'est un problème de fragmentation. L'information existe, mais elle est dispersée entre 5 outils qui ne se parlent pas. Et le coût réel, ce n'est pas l'abonnement à ces outils. C'est le temps perdu à ressaisir, vérifier, chercher.
La douleur numéro un qu'on entend en appel de découverte : la ressaisie de données. Dans 4 cas sur 5, c'est le premier irritant que les équipes remontent.
Vos équipes utilisent ChatGPT. Le comptable s'en sert pour rédiger des emails. Le commercial pour préparer ses propositions. C'est bien. Mais ça ne change rien au système d'information.
Utiliser l'IA individuellement, c'est comme donner une calculatrice à chaque employé sans connecter les résultats. Chacun gagne du temps sur sa tâche. Mais le flux global reste le même : copier-coller entre Excel et ERP, emails de validation en boucle, informations qui se perdent entre les services.
« En général, quand l'information est assez disséminée, chacun va utiliser l'IA de son côté, ChatGPT ouvert sur son ordinateur. Malheureusement ça va uniquement augmenter les silos. »
— Donatien Lefranc, fondateur de Leando
La vraie transformation, c'est quand l'intelligence est intégrée dans le processus, pas dans l'usage individuel. Chez un client PME de 10 personnes dans l'agroalimentaire, on n'a pas donné ChatGPT aux opérateurs. On a intégré un modèle de vision sur leur machine de tri. Résultat : le rendement est passé de 50% à 95%. C'est de l'IA, mais encastrée dans le bon outil, au bon endroit du processus.
L'erreur à éviter
Multiplier les abonnements IA individuels en pensant que ça modernise le SI. Ça améliore des tâches isolées, mais ça ne résout pas la fragmentation. Et parfois, ça l'aggrave en ajoutant un outil de plus dans la pile.
Cette méthode, on l'a construite sur le terrain, avec des PME de 10 à 50 personnes. Elle part d'un principe simple : on ne commence pas par la technologie. On commence par la douleur.
Étape 1
Pas "quel logiciel acheter". Mais : où est-ce que ça coince le plus dans l'entreprise ? Quel service perd le plus de temps sur des tâches répétitives ? Où l'information se perd entre deux étapes ?
En appel de découverte avec des PME bretonnes (souvent dans l'agroalimentaire), on retrouve systématiquement les mêmes tensions : ressaisie de données entre les systèmes, IT interne saturée qui ne peut pas absorber de nouveaux projets, et un besoin de ROI terrain immédiat. Pas de grandes stratégies à 18 mois. Des résultats visibles cette semaine.
C'est cette zone de tension qu'il faut trouver en premier. Pas en commandant un audit à 50 000 euros. En parlant aux gens qui font le travail.
Étape 2
Vous ne pouvez pas moderniser un SI depuis une salle de réunion. Il faut voir comment les gens travaillent vraiment. Pas ce que dit le process ISO. Ce que font les équipes à 10h du matin un mardi.
Chez Hydroconsult, on a découvert que chaque chef de projet reconstruisait sa propre méthode de suivi d'affaire. Les mêmes informations étaient saisies 3 fois dans 3 endroits différents. Non pas par incompétence, mais parce que le SI ne proposait pas de flux unifié. Alors chacun se débrouillait.
Cette étape, c'est du terrain. On observe, on écoute, on prend des notes. Et on découvre toujours des choses que la direction ne sait pas. Pas parce qu'elle est déconnectée, mais parce que les équipes ont développé des contournements qu'elles ne pensent même plus à signaler.
Ce qu'on cherche
Les fichiers Excel qui font tourner un service entier. Les emails qui servent de système de validation. Les copier-coller entre deux applications. C'est là où se cache la valeur.
Étape 3
Pas le SI tel qu'il devrait être. Tel qu'il est. Avec ses rustines, ses fichiers partagés, ses macros Excel que personne n'ose toucher.
On dessine la cartographie réelle : quels outils, quels flux de données, quelles dépendances. Et surtout : où sont les ruptures. Où l'information passe d'un format à un autre manuellement. Où quelqu'un re-saisit ce qu'un autre a déjà saisi ailleurs.
Cette carte permet de voir le SI non plus comme une liste de logiciels, mais comme un réseau de flux. Et dans ce réseau, certains nœuds sont des goulots. C'est là qu'on va agir en premier.
L'objectif n'est pas de tout remplacer. C'est d'identifier la brique manquante : le connecteur, l'automatisation, le petit back-office sur mesure qui va débloquer un flux entier.

Étape 4
On ne construit pas un nouveau SI. On construit la première amélioration. Celle qui va soulager le plus gros point de douleur identifié aux étapes précédentes.
Chez Cartoon Prod, une micro-PME, cette première brique était l'automatisation de la génération de contrats. En 2 semaines, c'était en production. Pas un POC dans un coin. Un outil utilisé au quotidien.
Chez cet industriel agroalimentaire, c'était l'intégration d'un modèle de vision sur la machine de tri existante. Le rendement est passé de 50% à 95%. La machine était la même. Le process était le même. L'intelligence ajoutée au bon endroit a changé le résultat.
Le principe : une brique à la fois, en production, utilisée par les équipes. Si ça marche, on passe à la suivante. Si ça ne marche pas, on a perdu 2-4 semaines, pas 18 mois.
Le seul argument qui compte pour un dirigeant de PME : le ROI terrain. Pas une roadmap à 18 mois. Un résultat mesurable dans les semaines qui viennent.
On voit régulièrement des PME tenter le grand remplacement : un ERP qui fait tout, un projet de migration à 6 chiffres, 12 à 18 mois de déploiement. Sur le papier, c'est propre. Sur le terrain, c'est un autre monde.
L'activité ne s'arrête pas pendant la migration. Les équipes doivent continuer à travailler avec l'ancien système tout en apprenant le nouveau. Le budget dérape. Les délais s'allongent. Et à la fin, on découvre que le nouvel ERP ne couvre pas certains besoins spécifiques. Alors on rouvre Excel.
L'approche par briques est l'inverse du big bang. On ne touche pas à ce qui fonctionne. On ajoute de l'intelligence là où ça manque. Un connecteur entre l'ERP et le CRM. Un petit back-office sur mesure pour un flux spécifique. Une automatisation qui élimine 2 heures de ressaisie par jour.
Chaque brique apporte de la valeur immédiatement. Chaque brique rend la suivante plus facile à construire. Et si une brique ne convient pas, on la remplace sans toucher au reste.
C'est moins spectaculaire qu'un projet de transformation à 500k. C'est nettement plus efficace pour une PME de 10 à 50 personnes qui a besoin de résultats, pas de slides.
Le commercial saisit le client dans le CRM, l'assistante le re-saisit dans l'ERP, le chef de projet le re-re-saisit dans son fichier de suivi. Trois saisies, trois risques d'erreur, zéro valeur ajoutée.
Le planning de production, le suivi des affaires, le calcul des marges : tout est dans des fichiers Excel que 2-3 personnes maîtrisent. Si elles partent, le savoir part avec.
Pas de modèle, pas de capitalisation. Ce qu'on a appris sur le projet précédent ne remonte pas dans le suivant. C'est le cas le plus fréquent qu'on observe chez les PME d'ingénierie.
Votre responsable IT passe son temps à gérer les tickets, les mises à jour, les incidents. Il n'a pas la bande passante pour des projets de modernisation. Et recruter un dev supplémentaire n'est pas dans le budget.
Pour valider un devis, un achat, un planning : on envoie un email et on attend. Pas de workflow, pas de suivi, pas de trace. Et quand ça coince, personne ne sait où ça bloque.
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On ne parle pas de remplacer votre ERP. On parle de combler les trous entre votre ERP, vos fichiers Excel et vos emails. C'est dans ces trous que se cache la ressaisie, les erreurs et le temps perdu. L'objectif : connecter ce qui existe, pas tout refaire.
Passez à l'action
On identifie la première brique à construire. 30 minutes, pas de jargon, un plan d'action concret.
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